Aux forceps

février 2020
Je suis née au forceps et il m’en reste le gout profond de la lutte, la lutte surdimensionnée pour vivre tout simplement.

Se frayer un passage, pousser la porte, entrer, apparaître au grand jour c’est toute ma vie. Je ne contrôle rien, c'est la vie qui pousse, qui pousse toujours devant, toujours plus loin, j’avance. Je ne contrôle pas, j'épouse la contradiction du monde, je respire fort, je suffoque, je pousse et puis j’avance. J’ai confiance. Je ne vois pas la vie comme un port où l’on accoste parce qu’on a trouvé le bon chemin, non je pousse, je pousse avec effort et j'écarte, je suis née au forceps peut être que c'est ça ! J'écarte pour trouver la vraie place, je pousse au-delà de la crainte, de la limite, jusqu'au cri. Quand je suis coincée, je pousse, j’appuie, je fais levier, je pousse et repousse le problème, je sors la tête de l'eau, je plonge, je pousse la porte fermée et j’apparais. Je suis née au forceps et depuis je continue de pousser et de repousser ma vision du vivant et je plonge au fond, je bois la vase, je pousse et je plonge. Je suis née au forceps et j'embrasse le monde éclaboussé, déformé comme un visage de nouveau-né.

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